Une dizaine de plateformes se disputent le marché français de la création d’entreprise en ligne. Toutes promettent la même chose : votre société immatriculée vite, pas cher, sans paperasse.
J’ai passé leurs grilles tarifaires au crible en août 2026, en m’en tenant à une règle stricte : ne retenir que les prix affichés sur les sites officiels des marques. Le résultat est instructif, et pas seulement sur les tarifs. Deux acteurs sur cinq ne publient tout simplement pas de grille lisible.
Transparence : DigiSelling est partenaire de LegalPlace et touche une commission via son lien. Nous n’avons aucun partenariat avec les autres plateformes citées. Pour que ce comparatif garde de la valeur malgré ça, je m’appuie exclusivement sur les grilles officielles vérifiables, et je signale sans détour les points où les concurrents font mieux.
Le tableau comparatif
| LegalPlace | Legalstart | Captain Contrat | |
|---|---|---|---|
| Société, entrée | — | 0 € HT | 0 € HT |
| Société, standard | 99 € HT | 99 € HT | 99 € HT |
| Société, haut de gamme | 199 € HT | dès 199 € HT | 269 € HT |
| Micro-entreprise | 59 € / 99 € HT | 59 € / 99 € HT | 59 € / 99 € HT |
| SCI | 99 € HT | 169 € HT | Non précisé |
| Domiciliation | dès 17 € HT/mois | Via partenaire | Non proposée |
| Comptabilité | dès 39 € HT/mois | dès 29 € HT/mois | dès 79 € HT/mois |
| Modification de statuts | dès 59 € HT | dès 249 € HT | 150 € HT/mois (abo) |
| Dissolution | dès 59 € HT | dès 249 € HT | 149 € HT |
| Garantie anti-rejet | Oui | Oui | Oui |
| Grille publique et vérifiable | Oui | Oui, datée | Oui |
Premier constat : sur la création d’une société standard, les trois grands sont alignés à 99 € HT. Le prix n’est donc pas un critère de choix à ce niveau. Ce qui les différencie, c’est ce qui vient avant et après.
1. Legalstart : le plus rassurant
Ce qui le distingue : le volume d’avis clients. 4,5/5 sur plus de 7 200 avis Trustpilot et 4,4/5 sur plus de 16 500 avis Google selon leurs pages officielles. Aucun concurrent n’approche ces chiffres.
C’est aussi le seul acteur dont la page tarifaire porte une date de mise à jour visible. Un détail qui en dit long sur le sérieux d’une grille de prix.
Ses points faibles : les formalités post-création sont nettement plus chères. Une modification de statuts démarre à 249 € HT, contre 59 € chez LegalPlace. La SCI est facturée 169 € HT. Et le dépôt de capital est en option à 69 € HT.
Le reproche récurrent : l’assistance juridique à 29,90 € HT/mois, offerte 30 jours puis facturée automatiquement. De nombreux utilisateurs signalent avoir eu du mal à la résilier.
Pour qui : ceux qui veulent le maximum de preuve sociale et ne prévoient pas de modifications dans les prochaines années.
2. LegalPlace : le plus complet sur la durée
Ce qui le distingue : le coût de la vie de l’entreprise. Modifications et dissolution à partir de 59 € HT, là où les concurrents facturent 149 à 249 €. Sur cinq ans, l’écart devient significatif.
C’est aussi le seul à proposer la domiciliation en direct, dès 17 € HT/mois, et à annoncer une attestation de dépôt de capital en 12 heures sans surcoût séparé. Plus de 300 000 entrepreneurs accompagnés.
Ses points faibles : pas de formule à 0 € sur les sociétés, une base d’avis publics moins fournie que Legalstart, et une offre comptable qui n’a pas la maturité des acteurs spécialisés.
Le reproche récurrent : le même que chez Legalstart, un abonnement d’assistance juridique glissé dans le tunnel de commande, en reconduction tacite.
Pour qui : ceux qui montent une SCI, qui veulent la domiciliation intégrée, ou qui anticipent des changements de statuts. J’ai détaillé tout ça dans mon avis complet sur LegalPlace et dans le face-à-face avec Legalstart.
3. Captain Contrat : pour les montages complexes
Ce qui le distingue : un réseau d’une centaine d’avocats partenaires. C’est le seul à pouvoir vous faire basculer d’un parcours automatisé vers un vrai conseil juridique quand votre situation le justifie.
Sa formule Sérénité à 269 € HT inclut un juriste dédié pendant un an. Pour une création à plusieurs associés, ça a de la valeur.
Ses points faibles : les abonnements juridiques et comptables sont assortis d’un engagement de 12 mois, contrairement à la plupart des concurrents. La comptabilité démarre à 79 € HT/mois, soit deux à trois fois le tarif d’entrée des autres.
Le reproche récurrent : la qualité inégale d’un avocat partenaire à l’autre, et des délais de réponse variables. Le réseau est un atout, mais il introduit une loterie.
Pour qui : création à plusieurs associés, pacte d’associés à prévoir, activité réglementée.
4. Contract Factory : l’opacité tarifaire
Ici, je vais être direct, parce que c’est le genre d’information qu’aucun comparatif sponsorisé ne vous donnera.
Contract Factory ne publie aucune grille tarifaire. Le site affiche « dès 0 € + frais légaux » et évoque des formules Premium et Tout Compris pour « quelques dizaines d’euros », sans jamais afficher de montant. La justification donnée est que le prix exact apparaît avant paiement.
Résultat : les sites tiers qui prétendent donner ses tarifs se contredisent massivement. J’ai relevé quatre grilles différentes pour la même offre intermédiaire, allant de 99 € à 159,90 €, et de 199,40 € à 299,90 € pour la formule haute. Aucun de ces chiffres n’est fiable, et je ne les reprendrai pas.
Même constat sur les avis : sa note Trustpilot rapportée va de 1,9/5 à 4,6/5 selon les sources, sur des volumes comparables. La seule donnée solide est un 4,8/5 sur plus de 4 300 avis via une plateforme d’avis certifiée.
Le reproche récurrent, et il est sérieux : plusieurs sources concordantes décrivent une souscription automatique à l’abonnement Premium que les utilisateurs regrettent ensuite.
Mon avis : je ne peux pas recommander un prestataire qui refuse d’afficher ses prix. Ce n’est pas un jugement sur la qualité de son travail, que je n’ai pas testée. C’est un principe : quand un professionnel ne publie pas sa grille, vous perdez votre meilleur outil de comparaison.
5. Simplitoo : une situation à clarifier
Deux éléments méritent d’être connus avant de souscrire.
Ce n’est pas une société française. Ses conditions générales indiquent que Simplitoo est une marque de BETAO AB, société suédoise basée à Stockholm. Rien d’illégal, mais cela change la juridiction applicable en cas de litige, et beaucoup d’utilisateurs pensent traiter avec une entreprise hexagonale.
Les formalités semblent externalisées. Les pages produit renvoient vers « notre partenaire », et il existe un sous-domaine dédié associant Simplitoo à LegalPlace. Or les CGV affirment que Simplitoo réalise elle-même les formalités. Cette contradiction n’est pas résolue à ce jour.
Enfin, sa page tarifaire ne restitue aucun montant lisible, et deux jeux de prix incompatibles circulent sur le web. Aucune fiche d’avis clients publique n’a pu être identifiée. À signaler également : ses CGV rappellent que les professionnels ne bénéficient d’aucun droit de rétractation, et l’abonnement SimpliZen fonctionne en tacite reconduction sans durée précisée.
L’option que tout le monde oublie : le faire soi-même
Depuis 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique de l’INPI, gratuit. Vous ne payez que les frais légaux : 223,56 € pour une SASU, 0 € pour une micro-entreprise.
Comptez une à deux journées de travail et un risque réel de rejet si vous débutez. Mais pour une micro-entreprise, la question mérite d’être posée franchement : l’immatriculation est gratuite et le formulaire reste simple. Les 59 € d’une plateforme achètent uniquement le confort de ne pas le remplir.
Pour une société, l’arbitrage penche davantage vers la plateforme : la rédaction des statuts et la garantie anti-rejet valent largement 99 € HT quand on n’a jamais fait l’exercice.
Le défaut commun à tout le secteur
Une chose ressort de façon frappante quand on lit les avis négatifs des cinq acteurs : c’est toujours le même reproche.
Des abonnements proposés pendant le tunnel de commande, souvent présentés comme un essai gratuit, qui basculent ensuite en prélèvement mensuel par tacite reconduction. Autour de 29,90 € par mois, soit près de 360 € par an.
Ce n’est ni illégal ni propre à une marque : c’est le modèle économique du secteur. La création à 99 € ne suffit pas à financer ces plateformes, donc la marge se fait sur le récurrent.
Le seul conseil qui vaut pour les cinq : avant de valider votre paiement, relisez le récapitulatif ligne par ligne. Toute mention « /mois » doit être un choix conscient. Et notez la date de fin de tout essai gratuit dans votre agenda, avec un rappel trois jours avant. Ce réflexe vaut plus que n’importe quel code promo.
Mon verdict par profil
| Votre situation | Ma recommandation |
|---|---|
| Micro-entreprise, à l’aise avec l’administratif | Guichet unique INPI, c’est gratuit |
| Micro-entreprise, vous voulez déléguer | N’importe lequel des trois grands, 59 € HT |
| SASU ou EURL, seul | LegalPlace ou Legalstart, équivalents à 99 € HT |
| SCI | LegalPlace, 70 € HT de moins |
| Plusieurs associés, pacte à prévoir | Captain Contrat, ou un avocat |
| Modifications prévues dans les 2 ans | LegalPlace, 59 € contre 249 € |
| Montage complexe, holding, levée de fonds | Un avocat, aucune plateforme |
Notre code partenaire : -15 %
Si votre choix se porte sur LegalPlace, le code DIGISELLING vous donne 15 % sur les frais de service. La réduction ne s’applique pas aux frais légaux, qui restent dus quelle que soit la plateforme.
Questions fréquentes
Quelle est la plateforme la moins chère ?
Aucune, si l’on parle de coût total. Les frais légaux représentent les deux tiers de la facture et sont identiques partout. Sur les frais de service, les trois grands sont à 99 € HT pour une société standard. La vraie économie se joue sur les formalités post-création et sur les abonnements que vous refusez.
Ces plateformes sont-elles fiables ?
Les trois principales le sont, avec des centaines de milliers de dossiers traités. Les critiques portent quasi exclusivement sur les pratiques commerciales du tunnel de vente, pas sur la réalité du service rendu.
Peuvent-elles remplacer un avocat ?
Non, et elles le précisent elles-mêmes : elles fournissent de l’information juridique, un logiciel de génération de documents et un service de formalités, pas du conseil personnalisé. Pour une création standard c’est amplement suffisant. Pour un pacte d’associés ou une holding, non.
Combien de temps pour obtenir le Kbis ?
Toutes annoncent un traitement en 24 à 48 heures, mais le délai final dépend du greffe de votre département, pas de la plateforme. Comptez une à trois semaines au total. Une promesse de « Kbis en 48 h » porte sur le traitement du dossier, jamais sur l’immatriculation.
Que valent les notes Trustpilot affichées partout ?
À manier avec prudence. Pour une même plateforme, j’ai relevé des notes allant de 1,9/5 à 4,6/5 selon les sources, sur des volumes d’avis comparables. Ne vous fiez qu’aux chiffres accompagnés d’une date de relevé et d’un lien vérifiable.
Ce qu’il faut retenir
Les trois grandes plateformes se valent sur la création elle-même. Choisissez selon ce qui vient après : la SCI et les modifications chez LegalPlace, le volume d’avis chez Legalstart, les avocats chez Captain Contrat.
Et surtout, ne laissez pas ce choix vous immobiliser. Vous arbitrez sur quelques dizaines d’euros, alors que le vrai enjeu de votre projet se trouve trois mois plus loin : avoir des clients.
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Tarifs relevés sur les pages officielles des marques en août 2026. Les prix attribués à Contract Factory et Simplitoo par des sites tiers n’ont volontairement pas été repris, faute de grille officielle vérifiable. Frais légaux issus de l’arrêté du 25 février 2026 et de l’arrêté du 19 novembre 2025.
- Ricardo Da Silva