« Divi ralentit les sites. » C’est la phrase qu’on lit dans tous les forums WordPress depuis dix ans, et elle a longtemps été fondée.
Elle l’est beaucoup moins depuis février 2026 et la sortie de Divi 5. Mais les réputations mettent des années à se défaire, et beaucoup de gens écartent encore Divi pour une raison qui n’est plus vraiment d’actualité.
Regardons ce qui est vrai, ce qui ne l’est plus, et surtout ce qui ralentit réellement votre site. Parce que dans 90 % des cas que je croise, le constructeur n’est pas le coupable.
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D’où vient cette réputation ?
Elle n’est pas sortie de nulle part. Divi 4 avait trois vrais problèmes techniques.
Les shortcodes
Chaque module était stocké sous forme de shortcode dans la base de données. À chaque affichage de page, WordPress devait interpréter ces shortcodes et reconstruire le HTML. Sur une page longue avec quarante modules, ça se sentait sur le temps de réponse du serveur.

Un JavaScript chargé partout
Divi 4 chargeait l’essentiel de son JavaScript sur toutes les pages, y compris celles qui affichaient trois paragraphes et une image. Vous payiez le prix du carrousel et du formulaire de contact même sur vos mentions légales.
Un CSS monolithique
Même logique côté styles : une grosse feuille CSS chargée en bloc, qui bloquait l’affichage tant qu’elle n’était pas téléchargée. C’est ce qui pénalisait le plus les indicateurs de vitesse perçue.
Ce que Divi 5 a changé
Les trois points ci-dessus ont été attaqués de front dans la réécriture sortie le 26 février 2026.
- Fin des shortcodes. Les mises en page sont stockées dans un format structuré, proche de celui de Gutenberg, beaucoup plus rapide à traiter côté serveur.
- JavaScript modulaire. Seuls les modules réellement présents sur la page sont chargés.
- CSS critique automatique. Divi identifie les styles nécessaires à la partie visible de la page et charge le reste ensuite.
Le résultat n’est pas de la magie, mais l’écart avec un thème léger s’est nettement réduit. « Divi est lent » n’est plus un argument suffisant pour écarter l’outil en 2026.
Attention aux chiffres annoncés
Elegant Themes affiche des scores PageSpeed de 100 sur desktop pour Divi 5. Il faut lire ce chiffre pour ce qu’il est : une page de démonstration, conçue par l’éditeur, hébergée chez lui, sans vos images, vos polices, votre bannière de cookies ni votre pixel de suivi.
Vous n’obtiendrez pas 100 sur votre site, et aucun constructeur ne vous le donnera. Ce que vous pouvez obtenir, c’est un score correct et surtout des Core Web Vitals dans le vert, ce qui est le seul objectif qui compte pour Google.
Un piège spécifique à connaître : quand vous migrez un site de Divi 4 vers Divi 5, un mode de rétrocompatibilité s’active pour que vos anciens modules continuent de fonctionner. Il peut rester actif sans rien vous signaler, et dans ce cas vous ne bénéficiez d’aucune des améliorations. Si vous avez migré et que vous ne voyez aucun gain, commencez par vérifier ce réglage. J’en parle en détail dans mon article sur Divi 5.
Ce qui ralentit vraiment votre site
Voici le classement honnête, dans l’ordre où je les rencontre sur les sites que j’audite.
- Les images non compressées. Une photo de 4 Mo sortie d’un smartphone, publiée telle quelle. C’est de très loin la première cause, et c’est celle qui se corrige le plus vite.
- L’hébergement. Un mutualisé à 2 € par mois partagé avec trois cents autres sites ne fera jamais de miracle, quel que soit votre constructeur.
- L’absence de cache. Sans cache, chaque visiteur déclenche une reconstruction complète de la page.
- L’accumulation d’extensions. Trente-cinq extensions dont douze ne servent plus à rien, chacune chargeant ses propres scripts.
- Les scripts tiers. Chat en direct, pixel publicitaire, outil d’analyse, bannière de consentement : chacun ajoute des requêtes que vous ne contrôlez pas.
- Les polices web. Quatre familles de polices, six graisses chacune, chargées depuis un serveur externe.
- Le constructeur de pages. Il arrive ici, en septième position.
Si vous changez de constructeur sans toucher aux six premiers points, vous aurez travaillé plusieurs jours pour un gain marginal.
Dix réglages pour accélérer un site Divi
Dans l’ordre du meilleur rapport effort/gain.
- Compressez vos images et passez-les en WebP. Redimensionnez-les à la taille d’affichage réelle avant de les téléverser. À lui seul, ce point règle souvent la moitié du problème.
- Installez un cache sérieux. J’utilise WP Rocket, qui gère le cache, la minification et le chargement différé sans avoir à bricoler.
- Vérifiez le mode de rétrocompatibilité si vous avez migré depuis Divi 4. Trente secondes, et ça conditionne tout le reste.
- Activez le chargement dynamique des ressources dans les options de performance de Divi, et laissez-le activé.
- Limitez-vous à deux polices maximum et hébergez-les localement plutôt que de les appeler depuis un serveur externe.
- Désinstallez les extensions que vous n’utilisez plus. Les désactiver ne suffit pas toujours, supprimez-les.
- Activez le chargement paresseux sur les images et les vidéos situées sous la ligne de flottaison.
- Différez le JavaScript non critique, en testant page par page : c’est le réglage qui casse le plus souvent quelque chose.
- Retirez les animations décoratives et les effets de parallaxe. Ils coûtent cher et n’apportent rien à vos visiteurs.
- Changez d’hébergeur si le vôtre est le problème. o2switch pour un bon mutualisé français, Kinsta si vous voulez de l’infogéré haut de gamme.
Comment mesurer correctement
Trois règles pour ne pas vous tromper de diagnostic.
Testez plusieurs pages, pas seulement l’accueil. C’est souvent la page la plus optimisée du site, et la moins représentative.
Regardez le mobile avant le desktop. C’est celui que Google utilise pour vous évaluer, et c’est celui où sont vos visiteurs.
Fiez-vous aux données réelles de la Search Console plutôt qu’au score d’un test ponctuel. Un score PageSpeed est une photo prise à un instant donné, sur une machine qui n’est pas celle de vos visiteurs.
Divi, Elementor ou Gutenberg : qui gagne sur la performance ?
Sur une page équivalente, correctement optimisée, l’écart entre Divi 5 et Elementor est aujourd’hui faible. Gutenberg associé à un thème très léger reste devant, mais avec beaucoup moins de confort de mise en page.
Le vrai arbitrage n’est donc pas « lequel est le plus rapide » mais « combien de temps suis-je prêt à passer sur la mise en page ». Si vous voulez creuser le reste de la comparaison, c’est dans mon article Divi vs Elementor.
Questions fréquentes
Un site Divi peut-il passer les Core Web Vitals ?
Oui, sans difficulté particulière depuis Divi 5, à condition de traiter les images, le cache et l’hébergement. C’était déjà faisable sous Divi 4, mais ça demandait plus de travail.
Faut-il un plugin de cache avec Divi ?
Oui, comme avec n’importe quel site WordPress. Certains hébergeurs infogérés intègrent leur propre cache serveur, auquel cas vérifiez qu’il ne rentre pas en conflit avec votre extension.
Changer de constructeur va-t-il accélérer mon site ?
Rarement autant que vous l’espérez. Commencez par les images, le cache et l’hébergement. Si après ça vous êtes encore dans le rouge, alors seulement posez-vous la question du constructeur.
Divi 5 ralentit-il l’éditeur ?
Au lancement, l’éditeur visuel ramait sur les mises en page très longues. Elegant Themes a corrigé ce point dans les versions suivantes. Si vous êtes encore sur une version de début 2026, mettez à jour.
Mon verdict
La réputation de lenteur de Divi était méritée sous Divi 4. Elle ne l’est plus depuis Divi 5. Si c’était votre seule raison d’écarter l’outil, elle ne tient plus.
Cela dit, ne vous racontez pas d’histoires dans l’autre sens : Divi 5 ne rendra pas rapide un site hébergé chez un mutualisé saturé, bourré d’images de 4 Mo et de trente extensions. Le constructeur n’a jamais été le vrai sujet, et il l’est encore moins aujourd’hui.
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Pour aller plus loin
- Ricardo Da Silva


