« WordPress est gratuit. » C’est vrai, et ça n’a jamais rien voulu dire.
Le logiciel ne coûte rien, mais il faut l’héberger quelque part, lui donner une adresse, l’habiller, et lui ajouter les fonctions dont vous avez besoin. Chaque brique a un prix, et la plupart des articles sur le sujet en oublient au moins trois.
Voici le budget complet, poste par poste, avec trois scénarios chiffrés. Et le coût que personne ne met dans le tableau alors que c’est de loin le plus élevé.
Transparence : nos liens débloquent souvent un avantage (code promo, essai prolongé ou mois offert) que vous n’auriez pas en passant directement. Commission perçue si vous souscrivez, sans surcoût pour vous.
Le résumé : trois budgets types
| Poste | Minimal | Indépendant / TPE | Site qui doit performer |
|---|---|---|---|
| Nom de domaine | 12 € | 15 € | 15 € |
| Hébergement | 50 € | 110 € | 350 € |
| Thème + constructeur | 0 € | 85 € | 85 € |
| Extensions | 0 € | 130 € | 250 € |
| Divers (e-mail pro, images) | 0 € | 60 € | 150 € |
| Total 1re année | ~62 € | ~400 € | ~850 € |
| Années suivantes | ~62 € | ~315 € | ~765 € |
Ces montants sont hors taxes et hors votre temps. On y revient, parce que c’est la ligne la plus lourde du budget réel.
Le nom de domaine : 10 à 20 € par an
Un .fr ou un .com coûte une dizaine d’euros par an. C’est le poste le moins cher et le plus important, parce que c’est le seul qui vous appartient vraiment.
Deux conseils. Prenez le domaine à votre nom, pas à celui de votre prestataire : c’est la première chose que les gens perdent quand une collaboration se termine mal. Et méfiez-vous des tarifs de première année à 1 € qui passent à 25 € au renouvellement.
Chez Gandi ou Namecheap, les prix sont stables et la gestion est claire. Beaucoup d’hébergeurs offrent aussi le domaine la première année.

L’hébergement : de 50 à 400 € par an
C’est le poste où les écarts sont les plus grands, et celui où économiser coûte le plus cher à l’arrivée. Un hébergement lent pénalise votre référencement et fait fuir vos visiteurs, quel que soit le soin apporté au reste.
| Type | Prix indicatif | Pour qui |
|---|---|---|
| Mutualisé entrée de gamme | 30 à 60 € / an | Premier site, petit trafic |
| Mutualisé correct | 80 à 120 € / an | Site vitrine pro, TPE |
| Infogéré WordPress | 300 à 400 € / an | Site qui génère du chiffre |
En France, o2switch propose une offre unique tout compris, avec un support réactif en français. Hostinger est l’option la moins chère pour démarrer, en surveillant le tarif de renouvellement. Et Kinsta pour de l’infogéré haut de gamme, quand votre site rapporte assez pour justifier la dépense.
Un point souvent mal compris : le certificat SSL, celui qui affiche le cadenas, est gratuit et inclus chez tous les hébergeurs sérieux. Si on vous le facture 80 € par an, changez de prestataire.
Le thème et le constructeur : de 0 à 250 $
Trois stratégies possibles.
Le gratuit. Un thème gratuit de qualité comme Astra en version libre, plus Elementor gratuit. Zéro euro, et ça suffit pour un site vitrine simple. Ne payez pas par réflexe.
L’abonnement annuel. Elementor Pro à 59 $ par an pour un site, ou Divi à 89 $ par an pour un nombre illimité de sites.
L’achat unique. La licence Divi à vie à 249 $, qui devient plus économique que l’abonnement au bout de trois ans. Le calcul complet est ici.
Si vous hésitez encore sur l’outil, mon comparatif des six constructeurs fait le tri.
Les extensions : de 0 à 250 € par an
C’est le poste où les budgets dérapent, parce qu’on ajoute une extension à la fois sans jamais faire le total.
Celles qui valent vraiment leur prix
- Un cache sérieux. WP Rocket, autour de 60 $ par an, règle en une installation ce qui demanderait des heures de réglages manuels.
- Un outil SEO. Rank Math a une version gratuite très complète. La version payante n’est utile que si vous produisez beaucoup de contenu.
- Une sauvegarde automatique. Souvent incluse chez l’hébergeur. Vérifiez qu’elle existe et qu’elle se restaure.
- Un formulaire de contact. Fluent Forms en version gratuite couvre la quasi-totalité des besoins d’un site vitrine.
Celles dont vous pouvez vous passer
Les packs de widgets supplémentaires, les extensions d’animation, les sliders, les constructeurs de pop-ups quand vous n’avez pas encore de liste e-mail. Chacune coûte entre 30 et 80 $ par an, ralentit votre site, et ajoute une source de mise à jour à surveiller.
La bonne règle : n’achetez une extension que le jour où vous butez sur une limite concrète, jamais à l’avance parce qu’elle « pourrait servir ».
Les coûts qu’on oublie toujours
- Les adresses e-mail professionnelles. Rarement incluses dans les hébergements bas de gamme. Comptez 5 à 7 € par boîte et par mois chez un fournisseur sérieux.
- Les images. Une banque d’images correcte coûte 100 à 300 € par an. Un photographe pour vos vraies photos, plusieurs centaines d’euros une fois. C’est souvent le meilleur investissement du lot.
- La conformité. Bannière de consentement, mentions légales, politique de confidentialité. Gratuit si vous le faites vous-même, mais ça prend du temps.
- La maintenance. Mises à jour, sauvegardes, surveillance de sécurité. Une à deux heures par mois si vous le faites vous-même, 30 à 100 € par mois si vous le déléguez.
- La rédaction. Écrire les textes de dix pages prend plus longtemps que de construire les dix pages. Presque personne ne l’anticipe.
Le vrai coût caché : votre temps
Un premier site WordPress, construit par quelqu’un qui découvre l’outil, représente entre 40 et 80 heures : apprentissage, installation, mise en page, rédaction, corrections, tests mobiles, mise en ligne.
Si vous facturez votre travail 50 € de l’heure, ces heures représentent 2 000 à 4 000 € de valeur. Comparez ça aux 400 € d’outils du scénario intermédiaire, et vous voyez où est le vrai budget.
Ce n’est pas un argument pour vous dire de déléguer à tout prix. Beaucoup de gens construisent leur site eux-mêmes et ont raison de le faire, parce qu’ils y prennent goût, parce qu’ils veulent pouvoir le modifier sans dépendre de personne, ou simplement parce que leur trésorerie ne permet pas autre chose. C’est un choix parfaitement légitime.
C’est juste un calcul à faire les yeux ouverts, plutôt que de découvrir au bout du troisième week-end que « gratuit » voulait dire autre chose.
Faire soi-même ou déléguer : le calcul honnête
| Vous le faites | Vous déléguez | |
|---|---|---|
| Coût en euros, 1re année | ~400 € | 1 000 à 3 000 € |
| Votre temps | 40 à 80 h | 5 à 10 h |
| Délai | 2 à 4 mois | 1 à 2 mois |
| Qualité du résultat | Variable | Prévisible |
| Autonomie ensuite | Totale | Dépend du prestataire |
Le critère le plus important est la dernière ligne, et c’est celui qu’on regarde le moins. Un site que vous ne pouvez pas modifier vous-même, ou dont vous ne possédez pas les accès, vous coûtera cher pendant des années.
Si vous déléguez, exigez trois choses : que le nom de domaine soit à votre nom, que vous ayez les accès administrateur, et qu’il n’y ait pas d’engagement de durée. Un prestataire qui refuse l’un des trois vous enferme, et il le sait.
Comment réduire la facture intelligemment
- Commencez gratuit. Elementor gratuit plus un thème gratuit vous emmènent plus loin que vous ne le croyez. Vous paierez quand vous buterez sur une vraie limite.
- Choisissez une licence à vie si votre projet dure. Sur un site qui vivra cinq ans, l’économie est réelle.
- Ne payez pas deux fois la même fonction. Beaucoup de gens ont un plugin de cache, un plugin d’optimisation d’images et un hébergeur qui fait déjà les deux.
- Faites le ménage une fois par an. Listez tous vos abonnements liés au site. Il y en a toujours un ou deux qui se renouvellent alors que l’extension est désactivée depuis deux ans.
- N’économisez jamais sur l’hébergement et sur les photos. Ce sont les deux postes où la différence se voit immédiatement, par vos visiteurs comme par Google.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment faire un site à moins de 100 € par an ?
Oui. Domaine, hébergement mutualisé d’entrée de gamme, thème et constructeur gratuits, extensions gratuites. Le résultat peut être très correct. Ce que vous payez en plus, c’est votre temps.
Et pour une boutique en ligne ?
Ajoutez un hébergement plus solide, des extensions de paiement et de livraison, et les commissions de votre prestataire de paiement. Comptez au minimum le double du scénario intermédiaire, et prévoyez du temps pour les tests de commande.
Les coûts augmentent-ils avec le trafic ?
Seulement l’hébergement, et seulement à partir d’un volume important. Un site vitrine de TPE ne dépassera jamais les limites d’un bon mutualisé.
Faut-il payer une maintenance mensuelle ?
Pas obligatoirement, mais quelqu’un doit faire les mises à jour et vérifier les sauvegardes. Si ce n’est pas vous, ce sera un prestataire. Un site laissé sans mise à jour pendant deux ans finit toujours par poser un problème de sécurité.
Ce qu’il faut retenir
Un site WordPress correct pour un indépendant ou une TPE coûte autour de 400 € la première année, puis environ 315 € par an. On peut descendre à 60 € en tout gratuit, et monter à 850 € si le site doit vraiment performer.
Le poste le plus coûteux ne figure dans aucun de ces tableaux : c’est le temps que vous allez y consacrer. Faites ce calcul-là avant de décider si vous construisez ou si vous déléguez.
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Pour aller plus loin
- Ricardo Da Silva


