C’est l’étape qui bloque le plus de créations d’entreprise en France. Pas la rédaction des statuts, pas le choix du statut juridique : le dépôt de capital.
Le principe paraît simple. Vous devez déposer votre capital social sur un compte bloqué et obtenir une attestation, sans laquelle le greffe refusera votre dossier. En pratique, certains créateurs obtiennent leur attestation en douze heures, d’autres attendent trois semaines et trois rendez-vous.
Voici comment choisir la bonne voie selon votre situation.
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L’essentiel en 30 secondes
- Trois options pour déposer votre capital : banque traditionnelle, banque en ligne ou notaire.
- Le délai est le vrai critère : quelques jours en ligne contre plusieurs semaines en agence.
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Ce qu’est vraiment le dépôt de capital
Quand vous créez une SASU, une SAS, une SARL, une EURL ou une SA, vous devez apporter un capital social. Cet argent est versé sur un compte bloqué avant l’immatriculation, et le dépositaire vous délivre une attestation de dépôt des fonds. C’est cette attestation que le greffe exige.
Une fois votre société immatriculée, vous présentez le Kbis et les fonds sont débloqués sur le compte courant de la société. Cet argent vous appartient toujours : ce n’est ni une taxe, ni une caution. Il finance votre activité.
Qui est concerné
| Forme juridique | Dépôt obligatoire ? |
|---|---|
| SASU, SAS, SARL, EURL, SA | Oui |
| SCI et sociétés civiles | Non, facultatif |
| Micro-entreprise, entreprise individuelle | Non, pas de capital social |
Combien déposer
Légalement, 1 € suffit pour une SASU, une SAS, une SARL ou une EURL. Dans les faits, c’est une mauvaise idée.
Votre capital social apparaît sur votre Kbis, document public que consultent vos banques, vos fournisseurs et vos clients grands comptes. Un capital de 1 € signale une société sans surface financière. Vous aurez plus de mal à obtenir un crédit, un délai de paiement fournisseur ou un contrat avec une grande entreprise.
Un capital de 1 000 à 5 000 € est un bon compromis pour une activité de services. Rappelez-vous que cet argent reste le vôtre et servira à payer vos premières dépenses.
Les quatre options comparées
Un point important avant de commencer : il n’existe aucun tarif réglementé pour le dépôt de capital. Tout prix annoncé est une décision commerciale, pas une obligation légale. Peu d’articles le précisent.
| Solution | Délai | Coût | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Banque traditionnelle | 1 à 3 semaines | 0 €, mais compte pro souvent imposé | Ceux qui veulent un conseiller et un crédit à terme |
| Banque en ligne | 2 à 3 jours | 0 à 69 € HT | La majorité des créateurs |
| Plateforme de création | 12 à 72 h | 0 à 69 € HT selon l’acteur | Ceux qui font déjà leur création en ligne |
| Notaire | 2 à 5 jours | 150 à 300 € HT | Apports en nature, immobilier, montages complexes |
Depuis le 1er juin 2021, la Caisse des dépôts n’accepte plus de nouveaux dépôts de capital. Cette troisième voie historique n’existe plus, même si de nombreux articles la mentionnent encore.

Option 1 : la banque traditionnelle
C’est le réflexe naturel, et c’est souvent le plus lent.
Le dépôt lui-même est généralement gratuit. Le coût réel est ailleurs : la banque conditionne presque toujours le dépôt à l’ouverture d’un compte professionnel chez elle, facturé 15 à 40 € par mois. Vous vous engagez donc sur plusieurs centaines d’euros annuels pour une opération ponctuelle.
Le vrai problème reste le délai. Il faut un rendez-vous, souvent un deuxième, une étude de dossier, parfois un passage en comité. Comptez une à trois semaines. Et certaines banques refusent purement et simplement les dossiers de création qu’elles jugent peu rentables, sans toujours le dire clairement.
Quand ça vaut le coup : si vous prévoyez d’emprunter dans les deux ans. Une banque prête plus volontiers à un client dont elle voit les flux depuis le premier jour. Dans ce cas, le temps investi au départ est un placement.
Option 2 : la banque en ligne
C’est la solution que je recommande dans la majorité des cas.
Vous déposez votre dossier en ligne, vous virez le capital, vous recevez l’attestation en deux à trois jours ouvrés. Le dépôt est souvent inclus dans l’ouverture du compte, et l’abonnement démarre autour de 7 € HT par mois, soit trois à cinq fois moins qu’une banque de réseau.
Deux points de vigilance. Certains acteurs facturent le dépôt à part, autour de 69 € HT : vérifiez avant de vous engager. Et privilégiez un IBAN français, qui évite les refus de prélèvement que certains ont connus avec des IBAN étrangers, notamment auprès d’organismes publics.
J’ai comparé les principales offres dans mon avis sur Qonto et dans le comparatif Qonto vs Shine.
Option 3 : la plateforme de création
Si vous créez déjà votre société via une plateforme, autant y intégrer le dépôt : vous évitez un interlocuteur supplémentaire et les allers-retours de documents.
Les délais annoncés sont les plus courts du marché, jusqu’à douze heures chez certains acteurs. La contrepartie, c’est que vous n’avez pas la main sur le choix de l’établissement partenaire.
Attention à une confusion fréquente : le compte de dépôt de capital n’est pas votre compte professionnel. C’est un compte bloqué temporaire. Vous devrez de toute façon ouvrir un compte courant pour votre société, chez le même établissement ou ailleurs.
Option 4 : le notaire
C’est la voie la moins connue et la plus coûteuse, mais elle est parfois la seule possible.
Les honoraires sont libres : le dépôt de fonds ne figure pas dans les émoluments tarifés des notaires. Les montants observés vont de 150 à 300 € HT, avec des écarts importants d’une étude à l’autre. Demandez un devis écrit.
Quand c’est le bon choix : apport d’un bien immobilier au capital, apports en nature nécessitant une évaluation, montage familial ou patrimonial, SCI avec plusieurs associés. Dès qu’un acte authentique est requis par ailleurs, autant tout regrouper chez le même professionnel.
Les quatre erreurs qui font perdre des semaines
- Déposer avant d’avoir finalisé les statuts. Le dépositaire a besoin du projet de statuts et de la répartition exacte du capital. Faites les choses dans l’ordre.
- Virer depuis un compte qui n’est pas le vôtre. Les fonds doivent provenir du compte personnel de chaque associé, nominativement. Un virement depuis le compte d’un conjoint ou d’un parent bloque le dossier.
- Choisir un capital trop bas pour économiser. Le dépôt ne coûte pas plus cher selon le montant. Un capital de 1 € vous fera perdre bien plus en crédibilité que ce qu’il vous fait économiser.
- Confondre attestation de dépôt et compte pro. Ce sont deux choses distinctes. Prévoyez les deux dès le départ pour ne pas découvrir après le Kbis qu’il vous manque un compte courant.
Ma recommandation, selon votre profil
Vous créez une SASU ou une EURL de services, seul. Banque en ligne ou plateforme. Deux à trois jours, quelques dizaines d’euros, vous passez à la suite.
Vous prévoyez un emprunt dans les deux ans. Banque traditionnelle, malgré le délai. Construire la relation dès le départ change la réponse que vous obtiendrez.
Vous apportez un bien ou vous montez une structure patrimoniale. Notaire. Les honoraires sont justifiés par la sécurité juridique.
Vous êtes pressé par un client qui attend votre SIRET. Plateforme, formule prioritaire. Mais rappelez-vous que l’attestation rapide n’accélère pas le greffe, qui reste maître du calendrier final.
Création et dépôt de capital au même endroit
LegalPlace annonce l’attestation de dépôt en 12 h et prend en charge l’ensemble du dossier jusqu’au Kbis. Avec le code DIGISELLING, 15 % de réduction sur les frais de service.
Questions fréquentes
Quand récupère-t-on l’argent ?
Dès l’obtention du Kbis. Vous le transmettez au dépositaire, qui débloque les fonds vers le compte courant de la société, généralement sous quelques jours. L’argent devient alors pleinement utilisable pour l’activité.
Que se passe-t-il si la société n’est jamais immatriculée ?
Vous récupérez vos fonds. Si l’immatriculation n’intervient pas dans un délai de six mois après le dépôt, chaque apporteur peut demander la restitution de son apport, le cas échéant par voie judiciaire. Vous ne perdez pas votre capital.
Peut-on déposer en espèces ?
C’est théoriquement possible en banque traditionnelle, mais la quasi-totalité des établissements exige aujourd’hui un virement bancaire nominatif, pour des raisons de traçabilité et de lutte anti-blanchiment. Les acteurs en ligne n’acceptent que le virement.
Doit-on libérer tout le capital immédiatement ?
Non. En SAS et SASU, la moitié au moins des apports en numéraire doit être libérée à la constitution, le solde dans les cinq ans. En SARL et EURL, c’est un cinquième au minimum. Cela permet d’afficher un capital crédible sans immobiliser toute la somme dès le départ.
Une SCI doit-elle déposer un capital ?
Non, le dépôt n’est pas obligatoire pour les sociétés civiles. C’est l’une des raisons pour lesquelles une SCI se crée plus rapidement qu’une société commerciale, malgré des frais de greffe légèrement supérieurs.
Peut-on changer de banque après la création ?
Oui, sans aucune contrainte. L’établissement qui a reçu votre dépôt n’a pas vocation à rester votre banque. Beaucoup de créateurs déposent chez l’acteur le plus rapide, puis ouvrent leur compte courant là où les conditions leur conviennent le mieux.
Le dépôt de capital est une formalité, pas une épreuve. Choisissez la voie adaptée à votre projet, ne surinvestissez pas cette étape, et gardez votre énergie pour ce qui déterminera vraiment la suite : trouver vos premiers clients.
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Sources : fiche Service-Public Entreprendre F32333 (constitution et dépôt du capital social) · code de commerce · tarifs des établissements relevés en août 2026. Le dépôt de capital ne fait l’objet d’aucun tarif réglementé : les montants cités sont indicatifs et varient selon les établissements.
- Ricardo Da Silva


